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Interview:
Les pièges de l'investigation Journaliste d'investigation, Paul Moreira est le créateur de la regrettée «90 Minutes» sur Canal +.
Il dévoile dans un livre-témoignage les multiples visages des nouvelles censures dont souffrent les journalistes.
Entretien.
Depuis dix ans, vous êtes journaliste d'investigation à la télévision.
Ce n'est pas incompatible? L'investigation a longtemps été réservée à la presse écrite, effectivement.
Mais dans les années 80 et surtout 90, la télévision s'est libérée du pouvoir politique.
Lorsque nous avons lancé 90 Minutes, en 1999, nous avions en tête la célèbre émission américaine Sixty Minutes:
nous voulions créer un vrai contre-pouvoir.
Canal + nous offrait un prime time, plus de moyens que les autres, plus de temps.
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et nous a permis d'obtenir des résultats:
on a prouvé que Boulin avait été tué, que le juge Borel ne s'était pas suicidé, on a obligé Total à indemniser les travailleurs esclaves sur les chantiers birmans.
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Tous les jours, on se disait «Ouah! On peut faire ça!» En 1999, vous étiez les seuls.
Depuis, les émissions d'enquête se sont multipliées.
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Et heureusement! Pièce à conviction, Complément d'enquête, ou encore Secrets d'actualité, qui faisait des choses intéressantes au début.
On peut faire de l'investigation à la télé, mais ça reste difficile:
90 Minutes a été arrêtée, et mes petits camarades de Pièce à conviction risquent bien d'être un jour relégués à 3 heures du matin! Par ailleurs, l'un des dangers actuels du journalisme d'investigation, c'est de se contenter d'histoires crapoteuses, de verser dans le fait divers, dans la machine spectaculaire.
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L'écueil ne vient-il pas des journalistes eux-mêmes? Dans votre livre, vous montrez comment les médias ont délibérément refusé d'enquêter sur cette énorme bavure de l'armée française qui, en novembre 2004, a tiré à balles réelles sur des manifestants ivoiriens.
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Toutes les rédactions avaient ces images:
les Ivoiriens les envoyaient via Internet sous fichier quicktime car ils voulaient qu'on en parle! Mais nos confrères ont choisi de ne pas les diffuser, sans doute par «sens des responsabilités», par «patriotisme», pour ne pas mettre en danger la communauté française expatriée.
Les journalistes n'ont donné que le point de vue de l'armée française qui, évidemment, contestait les faits.
À Paris, une cellule de communication, créée spécialement par le ministère de la Défense, désinformait systématiquement.
Ce texte se réfère à des émissions françaises d'investigation.
2.3.1. (8 pontos) Indica correctamente o nome das quatro emissões. Chave: 90 Minutes; Pièce à conviction; Complément d'enquête; Secrets d'actualité. N2 5 N1 Indica correctamente o nome de uma das emissões. 2.3.2. (12 pontos) Indica as três expressões correctas. Chave: a) la regrettée ou a été arrêtada; b) nous avions en tête la célebre emissão americana (Sixty Minutes); c) relégués à 3 heures du matin. N2 8 N1 Indica correctamente uma das expressões solicitadas.